vaisseau d’or et bateau ivre

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Bouge de là (bitch)

Il y a une file longue comme une émission de Christiane Charette à la station d’essence. On avance pas à pas, plus pas que à pas. Finalement, c’est presque mon tour, parce qu’il ne reste que deux personnes devant moi. Une des pompes est hors d’usage. Une madame toute sèche et pincée, qui conduit un gros buick Enclave de l’année. Elle sacre dans son petit suit chic contre le gus d’en avant, qui prend son temps pour payer et qui en profite pour acheter des chips. Finalement, le gars sort, se fait foudroyer du regard par Madame, qui se permet un « pas trop tôt! » Madame chose avance avec son gros char de pollueur. Elle zigonne, elle se bidouille une place. Elle prend le pistolet à gaz, l’étire et se remet à sacrer. Maudit ingénieur à marde, même pas foutu de faire un boyau qui se rend jusqu’au réservoir. Bon, peut-être que si vous étiez du bon bord de la pompe, ça irait mieux, madame.

Elle commençait à me faire chier royalement. J’ai enfin pu la traiter de vieille pute quand elle a viré de bord avec son buick pour se mettre du bon bord de la pompe est qu’elle est venue accoter son bumper sur le mien. Je suis heureuse de pouvoir dire que je vais m’offrir un nouveau pare-chocs (…) sur le bras des assurances de son mari.

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Talon d’Achille

Ça fait trop longtemps que je les boude. Aujourd’hui, je sors mes pieds de mes baskets. Out les Converse. Que nenni les sandales Merrell. Fi des gougounes. Hello world, j’enfile mes sandales à talons hauts (haut = un bon pouce, pouce et demi). Il ne sera pas dit que je mourrai sans les avoir dompté et mis à ma botte. Mouhaha, une joke de champ lexical.

Les talons, l’accessoire ultime de la fesse bombée, de la jupe d’été et des longues jambes qui n’en finissent plus. Bon, avec ce pouce supplémentaire je viens d’éliminer un bon pourcentage du bassin de prospect masculin (je suis superficielle de même : un gars plus petit que moi, c’est un no-go), mais juste le petit tac-tac-tac des talons sur le sol me fait sentir sexy. Et m’énerve auditivement, mais ça, je peux dealer avec si c’est de mon sex-appeal dont il est question.

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Je dirais que ça se passe plutôt bien. Bon, je suis assise devant mon bureau depuis deux heures, c’est un début d’explication. Mais je ne me suis pas étalée sur le trottoir en sortant de la voiture, en soi c’est une petite victoire. Par contre, conduire manuel avec des talons, c’est un peu l’équivalent de mettre sa casquette de travers et d’emprunter la décapotable de papa. Les burns à tous les coins de rue. Mais quand je m’extirpe de la voiture et que je pose mes pieds juchés sur mes échasses (…), telle Paris Hilton ou, plus modestement, Marie-Mai mettons, ça vaut bien quelques humiliations de pneus qui crissent pendant qu’un motard barbu me regarde d’un air de dédain absolu.

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Il y a beaucoup trop d’escaliers ici. Déjà, les monter demande une certaine dose de concentration : ne pas poser le talon trop près du bord… Il faut soit mettre le pied bien loin sur la marche, soit ne déposer que la pointe du pied et ne surtout pas s’appuyer sur les talons, sous peine de faire un mouvement très peu féminin dit de la descente du bassin.

Mais descendre un escalier, houlà… on vient de faire disparaitre d’une seule marche toute l’élégance et le raffinement que devraient contenir le talon haut. Chaque fois, ma main cherche fébrilement la rampe d’escalier et je me retrouve à m’y appuyer lourdement, en faisant des pas de nabot dont les genoux plient par intermittence. Sans compter que, comme ce sont des sandales, mes orteils travaillent fort fort fort pour les retenir dans mes pieds. Ça se peut-tu, être raquée des orteils??

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Sti. Il fait tellement chaud qu’astheur, je sue de la plante des pieds. Nenon, tout est parfait : je risque juste de faire la game de la pelure de banane chaque fois que je me lève. Sinon, tout est nickel, number one, tout brille sous le soleil. Bon, j’ai un petit début d’ampoule, mais ça c’est le prix à payer par quelqu’une qui ne met jamais de talons, hein?

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La petite ampoule est devenue un gros néon. En plus, c’est la journée que le monde entier a choisi pour me torturer et m’envoyer faire des courses pis des réunions à l’autre bout du monde toute la foutue journée. Vie de marde.

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Je viens de me faire arrêter par un gars de la sécurité qui me demandait où sont mes souliers. J’en pouvais plus, je les ai laissés sous mon bureau. Là j’ai les pieds noirs de crasse, mais au moins, chu ben.

Demain, j’enfile trois quatre plasters pis je réintègre mes espadrilles. J’aurai juste à me mettre une craque de seins pis un collier pour jouer la carte de la féminité…

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Slack la mayonnaise sur tes frites

Gamin, laisse-moi te dire une chose. On le sait, que t’aimes ça, le junk food. Pis c’est correct que tu ne sois pas trop doué en cuisine ; tu as le temps de t’abonner à Food Network pis de devenir le king du bbq dans le fond de ta banlieue. Faque, on comprend que le spag, le steak, les hot-dogs pis les sandwichs, ça compose ton menu de la semaine. Sauf que.

Sauf que c’est sexy, un gars qui cuisine bien. Pis quand tu veux scorer, ça te prend un minimum de sexyness. Tu vas vite constater que quand ta prospect te regarde t’agiter devant ton chaudron pis couper en rondelles (trop grosses, d’ailleurs, tes rondelles) des carottes pis des oignons, secrètement, elle se voit déjà sous la douche. Avec toi, genre. Pis même si tu cuisines pas (faut savoir reconnaitre ses limites, et surtout, faut éviter de suicider ta future biche avec du poulet salmonnaisé), c’est sexy, un gars qui mange des légumes pis des trucs un peu plus raffinés que de la moutarde jaune. Ça dit plein de choses sur ton ouverture d’esprit, ton mode de vie pis toute pis toute. Et ça mon jeune, c’est prometteur.

Mais surtout… une fille, c’est faible, c’est fragile (et ça a le pouvoir de ruiner ta vie, ne l’oublie jamais) pis surtout, c’est influençable. Ça fait que, si tu manges mal, ya des bonnes chances qu’elle se mette à manger mal elle avec. Pis là, malgré tout l’amour que tu lui porteras, malgré toutes les baises sauvages que vous vivrez (ensemble, idéalement), elle va inexorablement grossir pis se mettre à avoir des boutons. Pis ça mon p’tit loup, ça sera de ta faute. Sais-tu ce qui va arriver, après? Tu vas te mettre à stresser chaque fois qu’elle va s’envoyer un pot d’Haagen daaz. Tu vas être obligé de lui dire que ben non, elle est pas grosse, que tu l’aimes comme ça, que t’aimes mieux les femmes avec des courbes anyways, pis à 49 ans tu vas la tromper avec la gardienne, elle va l’apprendre et tu vas devoir payer une grosse pension pour garder ta bmw. Le pire dans tout ça, c’est qu’une fois célibataire, elle va retrouver sa taille de jeune fille et baiser avec ton voisin, celui que t’aimes pas.

Tu trouves que je suis pleine de préjugés? Ben oui, mon jeune puceau, ben oui. Retourne chez McDo pis regarde autour de toi les filles qui ont plus de 17 ans : elles ont l’air de quoi?

Penses-y.

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Isabelle, j’te déteste

Chers voisins d’en face,
Je ne sais pas trop d’où vous venez, ni comment vous êtes arrivés là. Un jour, j’avais comme voisins un jeune couple nouvellement parents, le papa promenait son bébé en kangourou (ouuuh, c’est cute) en fumant sa clope (oups, moins cute). Puis une pancarte « À vendre » a poussé sur leur terrain. Et quand ladite pancarte est disparue, vous êtes apparus.

Voisins, je ne sais pas combien vous êtes. Des fois il y a plein de jeunes chez vous. Jamais les mêmes. Des fois, vous êtes un jeune couple. Des fois vous êtes plus vieux. Mais toujours, toujours vous faites sécher vos possessions matérielles sur votre terrain. Piscine gonflable assortie de flamants roses gonflables, tapis, meubles, vieux scooter, pneus, sapin de Noël… Je sais que votre maison est minuscule, mais quand même, je voudrais vous signaler que votre sapin, il est bien sec. Faudrait peut-être le rentrer.

Je sais que l’une d’entre vous s’appelle Isabelle, parce que j’entends régulièrement (de ma cuisine, quand la fenêtre est fermée) : « Ta yeule Isabelle, juste, farme ta criss de yeule ». Vous m’excuserez de ne pas encore vous avoir apporté de brownies de bienvenus, mais je pense qu’il me manque un ingrédient crucial pour que vous les appréciez réellement.

Ce matin, par contre, je pense que vous dépassez les bornes. Madame Chose, vous faire bronzer topless à deux mètres de la rue, ça, non. Pas capable. J’ai pris les mesures qui s’imposaient, et j’ai fermé mes rideaux. Et vous m’avez forcé (je vous en veux pour ceci) à poser un grave jugement de valeur : le bronzage topless après 50 ans, je trouve ça laitte, Isabelle. Laitte en criss.

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C’est la faute de la tivi

9 h 30. Du matin, cette fois.

Je reprends la suite. Donc, je ne serai jamais satisfaite. C’est poche, c’est cliché et j’haïs ça entendre ça sortir de ma bouche pis je ne dirais jamais ça à voix haute… mais deep down inside, ya comme une p’tite souris tapie qui me le dit. Bon, et la réponse classique de la société présentement, ça serait : simplicité volontaire, ou autre shit (oups) à la mode. Le problème avec ce genre de théorie, c’est que j’ai pas envie d’y adhérer. Pas envie = je ne le fais pas.

Il y a plein de moment où je suis bien, heureuse, mais même à ces moments-là, je veux autre chose. Et quand ça feel moins bien, c’est pareil, je veux autre chose.

Je veux… être célibataire et être en couple. Retourner vivre en appart (haha, summum du paradoxe). Le grand amour, mais c’est sûr que ça me tomberait sur les nerfs. Des grandes émotions qui m’épuiseraient, moi qui cherche toujours à rendre tout le plus simple et facile possible. Et ça, c’est la faute de la tivi.

Ya pas moyen de regarder un film/une série sans que les personnages vivent des affaires excitantes. Ces gens-là (oui, je suis consciente que c’est des personnages, pas des vrais gens, mais moi je m’attache vite…) marchent dans la rue est c’est beau. Leur maison est toujours propre. Si c’est en bordel, c’est un bordel cosy, et j’en veux un moi aussi. Pis quand ils vivent des émotions, c’est du vrai de vrai, bien senti, pis en plus ça fini (quasiment) toujours bien.

Pis moi ma vie, elle va très bien, je réussis, je fais des affaires le fun, des voyages, du sport, des soupers avec mes amis, pis toute pis toute. Qu’est-ce qui manque, donc? La réponse, en gros, c’est : rien, il ne me manque rien!

Je pense que peux importe la situation dans laquelle je me trouverais, je serais insatisfaite. Attention, je ne suis pas amère ou rien : c’est juste un petit sentiment perpétuel qui vient toujours brouiller ma perception à long terme.

Je pense que j’ai besoin d’être challengée. Autrement que professionnellement.

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À un iPod du bonheur

21 h 30. Reviens de courir. La chaleur est tombée, tout le monde sort en profiter. De retour à la maison, après avoir craché un ou deux poumons. Je vérifie : pas de message. Bloglist. 10putes (a payé son loyer?). Le couple d’infidèles. Le couple de trash (toujours pas de nouvelles, ont-ils vraiment abandonné?). SP4M. And so on.

Pas de message.

Encore quelques blogues. Une nouvelle auteure. Un dateur. Une dessinatrice. Et une autre. Et encore un. Tout un univers. Un univers plein de jugements, de trolls, de fautes, de cul, un univers où même les salauds deviennent attachants pour peu qu’ils soient intéressants à lire. Un univers qui me décroche du mien.

Et tout à coup, paf, ça revient. L’envie soudaine d’en être, de réinvestir la blogosphère. J’ai pigé dans mes vieux blogues, en ai profité pour en supprimer quelques uns. Changé rapido la bannière. Même pas effacé les archives vieilles de trois ans. Et j’ai écrit ce billet.

Pas d’objectif, pas de message à passer, personne à toucher, à émouvoir, à rejoindre. C’est juste que je me rends compte que dans ma vie, ça me manquait, écrire.

Je relis en diagonale mes derniers écrits, et dans ma tête il y a la phrase « putaiiiin que ça va viiiiite » qui clignote sur un néon orange et brun. Un beau néon rétro, Boogie Nights style. Et une chose, évidente, normale, sue, assimilée, mais qui là est clairement écrite sous mes yeux : JE NE SERAI JAMAIS SATISFAITE.

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